Les lectures de la semaine S15E12
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Salut la compagnie, c'est toujours B, adepte de redingotes et collectionneur de montres à gousset. De retour aujourd'hui pour vous parler de quatre "nouveautés". Vous y trouverez le one-shot "Bota Bota" chez Ki-oon, ceux que "On appelle Junior et Senior" chez Le Lombard, un autre one-shot "IRL" chez Glénat et l'on finira avec "School of Villains" chez Mangetsu. C'est tipaaaaar!
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"Bota Bota" OS, de Paru ITAGAKI, chez Ki-oon.
Démarrons cette session du côté de chez Ki-oon avec le re re retour de Paru ITAGAKI le temps d'un one-shot intitulé "Bota Bota". L'autrice de "Beastars" et "Sanda" est revient nous faire kiffer avec cette fois une histoire mettant en scène Mako qui désespère tout simplement de trouver l'amour. Peut-être cherche-t-elle mal? Peut-être ne tombe-t-elle que sur des mauvaises personnes? Ou peut-être cache-t-elle un problème de taille? Elle est pourtant belle, séduisante, indépendante, possède de l'humour...cependant elle fait un énorme blocage qui lui fait saigner du nez (parfois en très grande quantité) dès lors que cette dernière touche quoi que ce soit qui lui parait malpropre. Autant dire que les contacts physiques deviennent très compliqué...pourtant cette dernière ne désespère pas de trouver l'amour et de surmonter son handicap de taille! Le titre cumul en bonus une histoire courte mettant en scène le Père Noël, le format court sied très bien et s'avère très mignonne et pleine de bons sentiments ce qui fait du pied alors que les fêtes vont poindre leurs nez! Côté édition, c'est dans les standards de l'éditeur, propre, carré, une bonne traduction/adaptation. Entrons un peu dans le vif du sujet, pour la faire courte, j'ai adoré, c'est l'une des mes lectures préférés de 2025. On sait bien que l'autrice a un petit côté barré dans un coin de sa tête et ce qu'il en ressort lorsqu'elle pose cela sur papier fait quasiment toujours mouche. C'est ici encore le cas avec un titre qui vient mettre en avant l'acceptation de soi vient un récit souvent décalé, mais pas dénué de fond et qui surtout nous emmène avec lui dès les premières pages. Si le fond est hautement intéressant et prête à la réflexion, l'autrice ne manque pas d'incorporer énormément d'humour qui fait mouche à chaque coup. J'avais un peu peur d'y trouver de la redondance de part la "quête" qui s'annonçait linéaire, mais ITAGAKI parvient à insuffler beaucoup de diversité aux différentes situations et protagonistes que rencontre Mako, ce qui fait que l'on arrive en un clin d'œil à la conclusion finale. Graphiquement c'est un coup de crayon avec lequel on est bien familier désormais, j'aime toujours beaucoup avec un petit aspect "crayonné" par moment, très plaisant. On a pas mal de détails, les personnages sont tellement expressifs, j'aime énormément ce que propose l'autrice aussi en terme de composition, ses planches en jettent toujours un max, c'est toujours équilibré, non vraiment, du très très propre!
Scénario : 4.5/5
Graphisme : 4.5/5
Ma note : 9/10
❤️
Beau one-shot, à la fois wtf, mais avec une réflexion de qualité sur l'acceptation de soi. J'ai simplement adoré.
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"On les appelle Junior et Senior" OS, de HOSTACHE & RECHT, chez Le Lombard.
"On l'appelle Trinita", "Mon nom est personne", "Dieu pardonne...moi pas", "Petit Papa Baston", des films qui parmi tant d'autres ont bercés mon enfance (je suis vieux et c'est ok), mais qui surtout m'ont permi de découvrir un genre le "western spaghetti" et surtout un tandem incroyable Bud Spencer et Terrence Hill (le nom qui pue la classe). Impossible pour moi donc de ne pas succomber à l'appel de "One les appelle Junior & Senior" de HOSTACHE et RECHT qui viennent nous proposer un revival dans ce "one shot" (qui n'en sera peut-être pas un), sorte d'hommage au genre et à ce binôme infernale. L'histoire ? Junior et Senior sont sous les verrous qui se voient proposer une libération anticipé (salut Nicolas) ainsi qu'un beau billet par un possible futur sénateur. Le marché? Les deux frères auront pour tâche de retrouver et kidnapper la petite Karina, "batarde" dudit candidat. Bien évidemment, pour la mission ne sera pas aisée avec dans les pattes, une ribambelle de gamines, une allemande furax, des "canadiens" remontés pour ne citer qu'eux! Vous l'aurez bien compris cet opus est mené d'une main de maitre par un tandem qui a parfaitement assimilé les codes du genre et font le maximum pour retranscrire cela de la meilleure des façons avec cette aventure inédite. Qu'il s'agisse d'anciens attirés par la nostalgie ou des néophytes avides de découvertes, le titre fait le job avec un équilibre parfait entre l'humour, l'aventure, l'action et les salades de phalanges. J'ai adoré découvrir cette aventure qui est mené tambour battant, pas de temps morts, on fonce du début à la fin parfois à cheval, parfois en chariot et même en montgolfière, c'est dire. Le genre de lecture feel good qui réchauffe par cette saison morose et qui permet de se détendre en apportant un peu de légèreté.
Scénario : 4.5/5
Graphisme : 4/5
Ma note : 8.5/10
❤️
Voilà qui sent bon la nostalgie et le western spaghetti!! Véritable hommage à un tandem de choc, "On les appelle Junior & Senior" fait le job : divertir! Un road trip déchainé, avec une bonne dose d'humour, de castagnes et....de beans!
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"IRL" OS, de EACERSALL/SCALA/SAVOYEN, chez Glénat.
On poursuit chez Glénat, pour le one-shot "IRL" avec aux commandes une sacrées équipe créative que l'on a déjà pu voir à l'œuvre sur des titres comme " GoSt 111" ou "Cristal 417". L'histoire va suivre Roxane, une lycéenne des plus banale, mais qui une fois chez elle devient Soap, une figure du "darkweb" qui va rapidement se retrouver dans un sacré pétrin. Démarre alors un jeu de piste qui va la mettre aux prises avec la police du numérique, mais aussi quelqu'un de bien plus dangereux qui en aura après elle! Après la Scifi, c'est vraiment le type de récit dont je raffole, donc j'avais de bonnes attentes sur cette lecture dont le pitch m'avait plutôt bien hypé. Après lecture, difficile de vous dire que l'on est sur une masterclass, cependant les auteurs font le job dans les grandes lignes et proposent un récit que l'on arrive à suivre sans trop de difficultés d'un bout à l'autre. C'est équilibré, l'intrigue plutôt fluide et logique, on a un bon rythme de lecture, avec une petite galerie de personnage auxquels l'on peut aisément s'attacher. Certains n'échappent pas aux stéréotypes, mais ce n'est pas marqué au point de dégouter le lecteur (mais pas au point non plus d'avoir un poster dans notre piaule). Le background de Roxanne notamment est bien écrit, point appréciable on ne tombe pas dans le pathos ce qui pourtant aurait été aisé avec ce type de passé. Les points dommageable sont plus à mettre au crédit du côté "facile" qu'à le titre qui ne surprendra pas le lecteur, mais qui moi m'a donné le sentiment que les auteurs n'avaient même pas essayés. Oui, on explore le côté darknet, on a du rythme, mais à côté de ça, pas vraiment de twists, la conclusion n'apporte pas de surprise et dans l'ensemble, cela donne un titre qui s'il est agréable de découvrir, ne marquera pas les esprits et tombera probablement dans l'oublie une fois rangé dans l'étagère. C'est d'autant plus rageant car le titre est vraiment bien documenté grâce notamment au co-scénariste SCALA qui luttait auparavant contre la cybercriminalité (si j'ai bien compris). Peut-être que ça reflète plus la réalité, même si je n'attendais pas des explosions ou je ne sais quoi, je pense qu'en collant à la réalité, il y avait peut-être moyen de surprendre le lecteur dans la narration. Je n'ai pas encore parlé des dessins de SAVOYEN dont c'est le premier titre et qui parvient à faire quelque chose de très chouette visuellement, malgré quelques maladresses. On a un chara-design agréable à l'œil avec de la diversité, de beaux décors urbains et des planches bien agencées.
Scénario : 3/5
Graphisme : 3.5/5
Ma note :6.5/10
Une enquête à la croisée du virtuel et du réel, avec une bonne équipe créative aux manettes. On arrive au bout sans encombres, même si par moment on évite pas certaines facilités narratives.
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"School of Villains" Vol.1&2, de Hiromasa OKUJIMA, chez Mangetsu.
On va finir en s'échouant chez Mangetsu pour la parution de "School of Villains", une trilogie menée par l'inépuisable Hiromasa OKUJIMA. Le titre nous propose de suivre Joichiro, fils du premier ministre japonais et qui s'évertue à se donner à fond pour suivre la même voie que son paternel. Cependant, son monde s'écroule lorsqu'il s'aperçoit que son père n'est pas à la tête du pays et qu'il est pire encore "diriger" par l'une des pires crapules le boss du clan Miran. Loin de se dégonfler, Joichiro décide de suivre un autre chemin, il s'inscrit au lycée Miran et est bien décidé à devenir le "vrai" boss du pays! Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'une fois de plus Hiromasa OKUJIMA nous propose un titre qui vise l'originalité et qui va nous permettre de pénétrer le monde de la politique d'une façon assez atypique. Je grossis le trait, mais le parallèle politique/voyous est plutôt bien pensé et il faut reconnaitre que le sous texte vise bien souvent juste. Le postulat de départ est donc intéressant, c'est l'exécution qui est un peu plus périlleuse. Ce qui m'a principalement fait buter, c'est l'adaptation en français du titre. En effet, l'on retrouve beaucoup d'humour et de références nippones, ce qui on le sait ne réussi pas toujours lors du passage des frontières. On arrive pas toujours à rentrer dedans et forcément cela impact la fluidité de lecture et n'offre pas toujours l'effet escompté ce qui est dommage. On a pourtant une galerie de personnage assez percutante, qu'il s'agisse de Joichiro ou des "amis" qu'il se fait, tous apporte un petit quelque chose à l'histoire et à la narration. J'apprécie aussi l'auteur pour cela, car il sait toujours nous sortir des personnages à la fois différents, attachants et bien souvent assez wtf. Côté graphismes, vous le savez, je suis très fan de ce que OKUJIMA produit, c'est toujours ultra expressif, c'est détaillé, la mise en page est toujours bien pensée, j'aime vraiment. En tant que fan de l'auteur, évidemment que je vais foncer, maintenant ce n'est clairement pas son meilleur et il faut dire que malgré les efforts à la traduction, j'ai trouvé le rendu pas forcément ouf.
Scénario : 2.5/5
Graphisme : 4/5
Ma note : 6.5/10
L'approche est originale, le propos de fond est intéressant et on a toujours la patte graphique de l'auteur très plaisante. L'humour et les références sont peut-être moins parlants pour le lecteur français ce qui casse un peu la fluidité de lecture.


