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Vous vous rappelez de ma première chronique Comics? J'avais parlé du très bon "Saga" de Brian K. Vaughan (scénario) et Fiona Staples (dessins). Et comme depuis le temps je ne parle comics qu'en de grandes occasions (aussi parce que j'en lis jamais) on va profiter de la sortie de Paper Girls, la nouvelle série en date du talentueux Brian K. Vaughan (toujours au scénario), pour s'y remettre.

Le lendemain d'Halloween, Erin doit se lever tôt pour faire sa distribution de journaux quotidienne dans les rues de Stony Stream. Mais ce matin ne sera pas comme les autres pour la jeune fille. Le cour de sa vie va changer du tout au tout lorsque que des évènements des plus étranges vont se dérouler sous ses yeux. Elle sera projetée en compagnie de trois filles du quartier au coeur d'une aventure folle. Voilà en gros de quoi il en retourne dans ce premier tome.

Brian K. Vaughan revient dans le game (dont il n'était jamais vraiment sorti...) toujours aussi fort. Après son space opéra déjanté qu'est Saga, ou du moins en même temps puisque la série est encore en cours de parution, l'auteur reste dans la même veine et nous introduit dès les premiers chapitres différentes créatures loufoques dans un melting pot temporel un peu fou. Très vite nos quatre jeunes filles vont se retrouver seules et désarmées dans ce monde (quasi-)désertique avec pour seule règle la survie, dans une ambiance qui pourrait nous rappeler des faux airs de"Seuls" par moments (tiens j'ai pas vu le film, il est bien?). La première partie du scénario sera donc consacrée à la recherche de repères, d'explications... une quête dans laquelle se lancent les héroïnes sans plus attendre. Dès lors le scénario évolue sans accrocs de façon fluide enchainant les missions et objectifs à courts termes sans nous laisser le temps de reprendre notre souffle. L'intrigue est dévoilée compte-gouttes et c'est là qu'on sent que l'auteur a de l'expérience; Brian K. Vaughan se plait à introduire peu à peu différents éléments du puzzle qu'il nous dévoile millimètre par millimètre pour donner au lecteur du plaisir par petites doses.

Cette nouvelle série s'annonce comme un bon divertissement. A vrai dire j'ai quasiment eu l'impression de me regarder un bon épisode de Lost ( les premières saisons) : de la bonne série américaine avec une intrigue, des rebondissements et toujours l'impression de savoir que l'on avance sans avoir idée de où. On ne sait pas encore de quoi il en retourne mais vu le niveau d'absurdité on imagine assez vite que ça va causer de changements dans l'espace-temps et d'univers parallèles. En attendant on se laisse ballotter et c'est franchement agréable. Maintenant, à voir si un fond va se développer au fil des tomes, je n'ai pour l'instant pas eu l'impression de voir de morale se profiler mais connaissant l'auteur c'est clairement pas impossible que ça arrive dans les tomes à venir. La galerie de personnages est franchement pas mal et on sent que ces quatre filles ne sont pas là par hasard, chacune semble avoir son passé et ses côtés plus sombres que nous découvrirons aussi par à-coups au détour d'une phrase.

Ce qui est assez frappant c'est qu'on retrouve un dessin finalement assez proche de celui de Saga malgré le changement de dessinateurs (bah ouai Fiona Staples peut pas se dédoubler). Cliff Chiang est expérimenté, il suffit de voir son CV pour le comprendre, et a même été récompensé pour cela aux Eisner Awards (les Oscars du Comics). On retrouve là encore ces explosions de couleurs chères à l'univers de l'auteur mais dans des tons ce coup-ci plus cassés rappelant cette ambiance de la fin des années 1980 que je n'ai absolument pas vécue. Niveau graphiquement, il y a pas à dire c'est vraiment propre aussi.

Verdict? Paper Girls s'annonce comme une bonne série fantastique avec un rythme au top comme les américains savent le faire. Le suspens est géré parfaitement et le récit nous emporte comme pris dans un courant mais c'est à peine s'il y a besoin de le souligner venant de l'auteur. Globalement c'est du très bon sans révolutionner le genre pour autant.


