#Cocorico !
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Tiens, il parraît qu'un manga français est édité au japon depuis maintenant un an! Pas étonnant, vu le succès que ça a en France il fallait bien que Dreamland pointe un jour le bout de son nez au Japon... comment ça c'est pas Dreamland?! Ca s'appelle "Radiant" et c'est fait par un certain Tony Valente?? Dans ce cas on va y jeter un oeil de ce pas!

Radiant est un manga publié chez Ankama depuis 2013 et qui compte aujourd'hui 5 volumes reliés. C'est toujours en cours aujourd'hui et c'est même devenu, en août 2015, le premier manga français à être publié au Japon. Ne vous emballez pas, c'est pas non plus entré dans le Shônen Jump, les volumes reliés sont simplement traduits en Japonais et disponibles en libraire comme tout autre manga, mais pour le manga français c'est déjà un immense pas en avant! Pour ce format encore jeune en France mais qui trouve peu à peu son public, se voir exporté au Japon est l'occasion de se redonner du crédit auprès des scéptiques tout en prouvant aux Jap qu'ils n'ont pas le monopole du manga. Mais penchons nous plutôt sur Radiant puisque c'est notre sujet aujourd'hui.
Seth est un apprenti sorcier et dans le monde dans lequel il vit, les Némésis, des créatures tombées du ciel, déciment tout ce qu'elles trouvent. Et pour cause, les hommes ne peuvent les approcher sous peine de mort immédiate. Enfin à vrai dire une infime part de la population le peut : ce sont les infectés. Ces derniers, dont fait parti Seth, sont capables de manier le Fantasia, une énergie magique que contrôlent les sorciers mais sont pour cette raison assez mal vus par la population. Pour lui, sa voie est toute tracée : il détruira le Radiant, le supposé berceau des Némésis.
Comme vous avez peut-être pu le sentir, la simple lecture du pitch suffit à nous faire humer les saveurs de nekketsu que. Et pour cause Radiant porte le nekketsu comme une identité totalement affirmée. Nous retrouvons comme souvent le jeune héros solitaire un peu simplet (si ce n'est complètement abruti) mais attachant, et très vite l'histoire se met en place. Nous sommes alors partis pour une grande aventure, une quête initatique au cours de laquelle notre héros fera des rencontres et vivra des aventures dont il ressortira grandi. Enfin bref, la recette de base du bon nekketsu! Radiant respecte donc cette recette à la lettre, il n'y a rien à redire, mais il reste à sublimer tout cela à l'aide du grain de folie, l'ingrédient secret apporté par l'auteur pour nous faire rêver (promis j'arrête avec les métaphores culinaires). Verdict?

A première vue y a pas à chier, Radiant reprend à merveille les codes du manga japonais jusque dans son style graphique, si bien qu'on pourrait le faire lire à un jap sans qu'il ne se rende compte de rien (c'est peut-être aussi pour ça que c'est édité au japon). L'avantage d'être français et donc de ne pas avoir à se soustraire aux contraintes éditoriales japonaises, ce que l'on ressent par exemple beaucoup dans Dreamland (encore lui) n'est donc pas saisi par Tony Valente, qui nous pond quelque chose de parfaitement conforme à la production japonaise. Mais après tout, il n'y a aucune interdiction à le faire, il serait d'ailleurs dommage de transformer la plus-value d'être français en une contrainte à s'imposer et faire ressentir aux lecteurs. C'est donc dans la cour japonaise qu'a décidé de jouer M.Valente. Et pour cela, je ne peux qu'applaudir son travail car en le lisant, on ressent réellement une oeuvre pouvant rivaliser avec les japonais. C'est pas non plus un One Piece ou un Naruto mais ça reste franchement agréable à lire.
L'humour est la première chose qui m'a plu en lisant ce manga. Ça faisait longtemps qu'un shônen ne m'avait pas fait rire (je parle d'un vrai rire, pas d'un petit sourir en coin) et c'est à Radiant qu'est revenu l'honneur de me décrocher mon premier rire-shônen (ouai cherche pas c'est un rire spécial) depuis un petit bout de temps. Cet humour infantile que dégage la personnalité simplette du héros embaume les deux premiers volumes d'une ambiance très amusante, avant de ralentir peu à peu et d'arriver à un rythme de croisière plus digeste. Ce n'est pas plus mal puisque cet humour, bien que très agréable prend à vrai dire un peu trop de place dans le début de l'histoire. Le syndrome de la petite vanne semble prendre l'auteur, le poussant à placer de l'humour, de préférence absurde, un peu partout dans le premier volume comme s'il ne voulait en aucun cas être pris trop vite au sérieux. Le manga peine donc à démarrer pour de bon à cause d'un rythme trop souvent cassé par ces vannes, mais que l'on pardonnera aisément pour les bonnes tranches de rire qu'il nous offrira. Au bout de quelques chapitres, l'auteur arrive à trouver le bon dosage pour nous décrocher le sourire juste quand il le faut et pas plus.

Après cela, Radiant démarre donc pour de bon et se positionne très vite comme un bon, voire un très bon shônen. L'intrigue se met en place au fur et à mesure que s'étend l'univers du manga et nous fait vivre le début d'une aventure qui s'annonce grandiose. Le premire arc nous offre toute l'action et les sensations que l'on pourrait attendre d'un bon nekketsu avec des scènes de bastons d'un niveau assez impressionnant pour l'outsider qu'est Tony Valente. C'est simple, on n'est jamais perdu dans ce flot de movement, c'est rythmé, ça part dans tous les sens juste comme il faut et c'est beau à voir, bref ça fait le taf! Mais en plus de soigner la forme, Radiant se parre d'un fond parfois engagé qui sonne juste. Outre les scènes de combat prenantes et très bien orchestrées, Tony Valente nous fait réfléchir habilement au racisme et à la différence tout en nous faisant découvrir toutes sortes de manipulations de l'opinion et d'abus de pouvoir qui font si bien échos à notre actualité qu'il est difficile de ne pas y voir une pointe d'engagement.

L'univers déjà présenté ne s'annonce pas aussi complexe et complet que pourrait l'être un bon manga du Shônen Jump mais c'est tout de même assez bon pour ne pas avoir à rougir face à nombre de séries japonaise, rien qu'au niveau du dessin la ressemblance est frappante! On sent fortement l'influence de Yusuke Murata (Eyeshield 21, One Punch-man) dans le trait, avec un rendu graphiquement très propre et maîtrisé. Bref, Radiant c'est du bon Shônen et en plus c'est français ce qui nous fait deux bonne raisons d'y jeter un oeil!


