Chronique : Seven Shakespeares Vol.1
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Type : Seinen
Auteurs : Harold SAKUICHI
Editeur : Kazé Manga
Prix de vente : 9.99€
Nombre de tomes France : 2 (en cours)
Nombre de tomes Japon : 6 (en cours)
Date de parution : 4 avril 2012
Pitch :
"Je connais Shakespeare depuis des années ! C'est lui, l'imposteur, pas moi !" À la fin du XVIe siècle, alors que le théatre est considéré comme un loisir vulgaire, et par certains comme un contre-pouvoir corrupteur, un jeune auteur sans éducation est parvenu à attirer l'attention de la cour royale avec des pièces qui brisent les vieilles conventions d'écriture. Mais derrière ce succès sans précédent se cache un personnage au passé mystérieux. Bienvenue dans un monde de faux-semblants, où chaque rencontre, chaque événement dramatique forme une pièce supplémentaire du puzzle Shakespeare.
Chronique :
Autant vous l'annoncer tout de suite:j'attendais cette parution au tournant. Il faut le savoir, je suis une grande fan de Shakespeare. C'est une de mes grandes passion (avec la mythologie, la légende arthurienne et Led Zeppelin, mais là n'est pas la question). Et c'est avec grand plaisir que ce manga m'a prise à contre-pied. Je pensais lire une énième biographie alors qu'en réalité une toute autre histoire nous est présentée. A peine un chapitre sur William (tu permets que je t'appelles William ? merci) et nous voilà plongés 13 ans en arrière dans le Chinatown de Liverpool. Quel rapport avec l'auteur d'Hamlet me direz-vous. Aucun. Pour l'instant tout du moins. A peine une phrase lâchée, passant inaperçue pour qui n'est pas attentif.
Avec ce premier tome, il est aisé de s'apercevoir que le mangaka nous a pondu une histoire complexe et à tiroir. L' héroïne de ce volume, Li, est assez atypique. Jeune fille ayant des don de divination, haïe par ses pairs, lui inspirant une crainte viscérale se retrouve empêtrée dans une chasse aux sorcières. On pardonnera au mangaka certains anachronismes nécessaires à la mise en place de son scénario (la communauté chinoise de Liverpool ayant connu son essor non pas au 17ème mais au 19ème siècle). Les dialogues sont fluides et le langage employé sans être d'époque n'est pas non plus tellement moderne. Sakuishi arrive facilement à nous faire ressentir de l'empathie pour son personnage sans en faire des tonnes. Lors de la lecture, je me suis surprise plus d'une fois à maudire ses compatriotes devant tant de lâcheté et de méchanceté gratuite. Il réussit également à attiser notre curiosité quant à l'importance de cette fille pour la suite des événements. Qui est elle pour William ? qu'est elle devenue dans le « présent » ? quel rôle va-t-elle jouer pour la suite de l'histoire ? Autant de questions sans réponses. Le tout renforcé par les dernières images du volume.
Les pages finales se lisent d'un traite. La conclusion de ce tome un défilant à toute allure. De l'action là où on ne s'y attend pas...
Le mangaka, qui avait déjà un bon niveau de dessin avec Beck, continue de nous enchanter par son trait. A noter que pour une fois, les asiatiques et les occidentaux ne se ressemblent pas, contrairement à certains mangas où l'auteur est obligé de nous préciser que tel personnage est « américain/français/t'façon il est blond et c'est écrit en italique quand il parle bande de noobs », Les décors sont peu présents mais bien travaillés lorsqu'il y en a. Le découpage achève le travail en apportant une bonne rythmique à la lecture.
Kazé nous offre un travail soigné, tout en sobriété et collant parfaitement à l'atmosphère globale. Premières pages en couleur, certes du fait de l'auteur, mais joliment transposé ici. Traduction parfaite et bien adaptée au récit. Un bon sans faute.
Est-il nécessaire de faire une conclusion pour dire que j'ai grandement apprécié ce manga ? Je ne pense pas. Mais je vous le dirais quand même parce que c'est mon job que parmi les mangas parus cette année peu sont vraiment sortis du lot. Celui-ci en fait parti. Courrez l'acheter où je viendrais vous raser les cheveux dans votre sommeil


