Chronique : Cyborg 009 Vol.3
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Type : Shonen
Auteurs : Shotaro ISHINOMORI
Editeur : Glénat
Prix de vente : 10.55€
Nombre de tomes France : 6 (en cours)
Nombre de tomes Japon : 35 (terminé)
Date de parution : 16 septembre 2009
Pitch :
Nos héros cyborgs sont encore sur la brèche : le professeur Kaminari vient d’être kidnappé par Black Ghost alors qu’il voyageait en avion ! En effet, lui seul peut mettre la touche finale à une arme d’un genre nouveau, le « Raiden ». Mais le morceau de bravoure de ce tome est indéniablement le cycle du Vietnam, dont le découpage et la force évocatrice forcent le respect. Une véritable montée en puissance pour ce manga culte qui dévoile désormais une audace narrative sans limites. Joe et ses compagnons cyborgs se retrouvent en pleine guerre du Vietnam, cette fois dans le but d’éradiquer la dernière machine de mort de Black Ghost. La maléfique organisation profite en effet du conflit pour vendre ses armes aux deux camps. Quant à la cible, il s’agit d’un tank révolutionnaire indestructible capable de se déplacer dans toutes les conditions, y compris de voler. Un volume fort où l’horreur de la guerre est dévoilée sans fioritures.
Chronique :
Premier venu de la collection vintage chez Glénat, Cyborg 009 entame donc son troisième volume avec un thème percutant et d'actualité à l'époque : la
guerre du Vietnam.
Cette nouvelle intrigue est centrée sur cette guerre historiquement et psychologiquement importante. Après une succession de pages
brillantes interrogeant les conflits à travers l'histoire, on constate néanmoins par la suite que l'intrigue se recentre rapidement sur quelque chose de plus binaire, bons et méchants
n'appartenant finalement à aucun des deux camps, et menant leur propre guerre de leur côté. On retourne donc vite à quelque chose de profondément manichéen.. L'effort d'évoquer la guerre du
Vietnam est louable, mais le tout aurait gagné à mieux exploiter ce contexte, qui finit par n'être plus qu'un prétexte à une aventure dépaysante. Bref, le récit retombe dans ses travers, et bien
qu'efficace, souffre de la comparaison avec les shônen de Tezuka, qui arrivait mieux à jongler entre le divertissement et le didactisme.
Les dessins demeurent tout à fait dans les canons du genre de l'époque, et reprennent donc le style Tezukien et par extension Disneyien. La
parenté ne fait aucun doute, jusqu'à la mise en scène et le découpage rappelant les films d'animation de l'époque. Alors certes, tout n'est pas des plus efficaces, mais ce tome s'avère malgré
tout extrêmement lisible et graphiquement assez détaillé.. Un passage attire l'attention : la douzaine de pages où l'auteur dépeint les différents conflits montre un talent graphique rare,
probablement bridé par ses éditeurs.
Clairement, Cyborg 009 a vieillit. Ce n'est pas un reproche en soit, mais il risque de ne contenter qu'avec difficulté son lecteur
occasionnel. Une œuvre culturelle intéressante, donc, d'autant qu'elle augure dans ce tome de ce que peut réaliser l'auteur sans contrainte. Mais en l'état, elle demeure difficilement appréciable
actuellement.
Note : 3/5


