Le crush de la semaine : Fullmetal Alchemist
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Pour ce troisième crush, mon choix s'est porté sur Fullmetal Alchemist, une série désormais culte qui m'a particulièrement marqué et qui demeure en tête de liste de mon top manga. L'œuvre d’ARAKAWA Hiromu est, selon moi, indétrônable. Je voue un véritable culte pour cette série depuis que je suis tombée sur son adaptation animée, diffusée à l'époque sur Canal +.
Si certains d'entre vous ont vécu reclus dans une grotte obscure ces dix dernières années sans même un contact extérieur et seraient donc passés complètement à côté du phénomène, voici une petite présentation :
Fullmetal Alchemist, que l'on pourrait littéralement traduire par « L'Alchimiste d'Acier », est une série d’ARAKAWA Hiromu qui fut prépubliée pour la première fois au Japon dans le magazine mensuel Shônen Gangan, appartenant à la société Square Enix. Son œuvre fut ensuite compilée en volumes reliés à partir de l'année 2001 avant de s'achever définitivement en Juin 2010, avec la parution de son dernier tome. En Juin 2011, une réédition Deluxe du manga est proposée aux japonais, une édition qui compte un total de dix-huit tomes, contre vingt-sept pour la précédente. En France, la série fut publiée par les éditions Kurokawa entre 2001 et 2011. Une édition double est également proposée par la même maison d'édition depuis Mars 2012.

De quoi ça parle ?
Edward et Alphonse Elric, deux frères particulièrement fraternels, vivaient paisiblement dans le magnifique village de Resembool en compagnie de leurs parents : Trisha Elric et Van Hohenheim quand, sans explication aucune, ce dernier quitta le domicile familial, laissant femme et enfants dernière lui. Bien qu'attristée par la situation, Trisha restait toujours aussi souriante et forte qu’à l’accoutumée devant ses enfants. De leurs côtés, nos deux jolies têtes blondes commencèrent à apprendre les mystères de l'alchimie grâce aux nombreux ouvrages de leur père, lui-même alchimiste. La vie reprenait ainsi tranquillement son cours jusqu'à ce jour fatidique où leur mère succomba à la maladie. Désemparés, accablés par la tristesse et la colère, notamment envers l'absence de leur père, nos deux jeunes frères se mirent à étudier d'arrache-pied l'alchimie dans l'espoir de pouvoir redonner vie à leur mère grâce à la transmutation humaine, un procédé pourtant tabou et formellement interdit.
Cependant, malgré tous les efforts fournis, cette tentative se révéla être un véritable échec. Pire encore, un véritable cauchemar éveillé. En effet, pour parvenir à leur fin, certains sacrifices ont été nécessaires, des sacrifices qu'ils ne tardèrent pas à regretter amèrement. L'amour qu'ils éprouvaient envers leur mère, les déposséda ainsi d'un corps pour le cadet et d'une jambe gauche pour l'aîné. En bravant les interdits, Edward venait non seulement de perdre sa mère pour la seconde fois, mais également son frère, la seule famille qui lui restait.
Dans un dernier élan d'espoir, Edward sacrifia son bras droit en échange de l'âme de son petit frère, qu'il s’empressa alors de fixer à une armure à l’aide d’un sceau de sang. Brisés, ils n'auront plus qu'un seul objectif : retrouver leurs corps d'origine. Pour parvenir à leurs fins, Edward, munis d'auto-mails (ces prothèses mécaniques de pointe) s'engagea alors dans l'armée, devenant à l’âge de douze ans, le plus jeune Alchimiste d'Etat connu à ce jour. Surnommé le Fullmetal Alchemist par le Führer King Bradley en personne en rapport à ses deux auto-mails, il parcourra le pays à la recherche de la pierre philosophale, une pierre mythique qui lui permettra, il l'espère, de récupérer le corps d'origine de son frère.
Comme vous le comprendrez aisément, Fullmetal Alchemist est un manga plutôt complexe qui tourne principalement autour de ce lien qui lie si étroitement nos deux jeunes frères. En effet, depuis leur plus tendre enfance, Edward et Alphonse Elric sont inséparables, et ce malgré les épreuves qui se sont dressées et se dresseront face à eux. Malheureusement, la mort prématurée de leur mère et la perte du corps de Al, les ont plongé que trop soudainement dans le monde parfois impitoyable des adultes. Par moment, on en oublierait presque leur jeune âge tant ils font preuve de maturité. Cependant, ils n'en demeurent pas moins des enfants, comme nous le rappellent ARAKAWA Hiromu à travers nombre de situations.

Un voyage initiatique
Au cours de leurs aventures, Edward et Alphonse Elric vont faire de nombreuses rencontres et découvertes qui participeront à la progression même du récit. En effet, elles joueront un rôle primordial dans l’histoire, leur permettant d’évoluer et d’apporter de nombreuses réponses à leurs interrogations, même si celles-ci se révèlent parfois assez cruelles. Toutes ces difficultés, ces injustices, ces drames, ces horreurs, qu’ils rencontreront tout le long de leur chemin, les amèneront à mûrir et à se remettre en question. Cette quête sera également l’occasion pour eux de partager quelques bonheurs de la vie, comme l’accouchement d’une femme, leur rappelant que le monde dans lequel ils vivent n’est pas tinté que de noir. En effet, le bonheur et l’espoir subsistent encore en ce monde malgré la cruauté même des hommes et du monde.
Une œuvre sombre mais qui ne se prend pas trop la tête
Avec Fullmetal Alchemist, l'auteur signe ici l'une de ses œuvres les plus sombres et les plus matures. En effet, les thèmes abordés sont assez graves et dérangeants, donnant lieu parfois à des scènes particulièrement violentes, voire macabres. Des scènes qui peuvent très vite rendre le lecteur mal à l'aise. Cependant, elles demeurent essentielles pour nous faire réagir et réfléchir.
Certes, Fullmetal Alchemist peut demeurer assez sombre aux premiers abords mais il n'est pas en reste en ce qui concerne l'humour. Je crois même que je n'avais jamais autant ri de ma vie devant un manga. C'est d'ailleurs ce qui fait tout le charme de la série. En effet, malgré cette atmosphère dramatique, ARAKAWA Hiromu a su nous faire rire aux larmes à plusieurs reprises. Les comiques de situations se mêlent parfaitement au récit, nous apportant un certain répit, une certaine légèreté et une pointe de fantaisie. On peut même dire qu'ils agissent comme un véritable antidépresseur. Combien de fois me suis-je surprise à rire aux éclats devant les diverses crises de nerfs d'Edward, le comportement de « papa-gâteau » de Maes Hughes ou les démonstrations de forces hilarantes d'Alex Louis Armstrong.
Ce savant mélange d'humour, d'action, de drame et de suspens en fait vraiment une œuvre de qualité. Grâce à ARAKAWA Hiromu, nous avons pu passer des larmes aux rires en un instant, partager des émotions fortes, vibrer avec ces personnages au demeurent si attachants, comme si nous faisions partie intégrante de l'histoire. Cette aventure, nous ne l'avons pas seulement vécu au travers de notre lecture, mais également à travers les yeux des personnages, découvrant la scène d'un point de vue intérieur.

Des personnages emblématiques
Le charisme et l'originalité même des personnages d'ARAKAWA Hiromu ont fortement contribué au succès du manga. Contrairement à d'autres œuvres du genre, chaque personnage est exploité et apporte sa petite touche personnelle au récit. Leur histoire personnelle, leurs expériences, leur caractère propre vont grandement participer au développement de l'histoire et permettront à nos deux frères d'avancer dans leur quête. Tout au long de notre lecture, nous ferons ainsi la connaissance d'une large palette de personnages, tous aussi inoubliables les uns que les autres.
Edward Elric reste mon personnage préféré de la série. De nature plutôt râleur, colérique et grossier, celui-ci fait un véritable complexe sur sa petite taille. Tant est si bien qu'il rentre très souvent en conflit envers quiconque évoquant ce problème, donnant lieu à des scènes épiques. Cependant, derrière son tempérament bien trempé, il n'en demeure pas moins un enfant brillant, extrêmement mature pour son âge, fragile et extrêmement têtu. Quand il a une idée derrière la tête, il est souvent difficile de l'en détourner. Au contraire, il donnera tout ce qu'il a pour y parvenir, quitte à mettre sa vie en péril. Alphonse, quant à lui, est un enfant plutôt calme et posé. Tout le contraire de son frère. Il est également très naïf et d'une grande gentillesse. Surtout envers ces chats errants qu'il ne peut s'empêcher de recueillir dans son armure au plus grand dam de son frère aîné.
Nous ferons également la connaissance de Winry Rockbell, l'amie d'enfance des frères Elric. Ingénieure et mécanicienne aguerrie, elle veille au bon fonctionnement des membres mécaniques d'Edward qui sont très souvent mis à mal par ce dernier. En effet, on ne compte plus le nombre de fois où la jeune fille a dû se déplacer pour lui réparer. Autre que son rôle de mécanicienne, elle se présente comme une véritable confidente, un véritable soutien pour nos deux jeunes frères, même si Edward a parfois du mal à l'admettre. Dans ce monde d'adulte, Winry reste la seule personne en qui ils peuvent se confier, montrer leurs faiblesses et leur tristesse.
Au cours de leurs aventures, Edward et Alphonse Elric vont se lier d'amitié avec nombre de personnes tel que Maes Hughes (un personnage jovial et très attaché à sa fille qui va très vite les prendre sous son aile), Roy Mustang (Colonel et Alchemist d'Etat à réputation de coureurs de jupon mais qui reste des plus respectés par ses subordonnés) ou encore Alex Louis Armstrong (Alchimiste d'Etat à tendance exhibitionniste qui porte une très grande importance au physique mais qui demeure néanmoins très émotif).
Autres les personnages déjà cités, Fullmetal Alchemist nous offre un large panel d’ennemis, des ennemis qui, pour certains, prendront en importance au fil des chapitres. C’est le cas de Scar, ce moine guerrier d’Ishbal qui n’aura de cesse de poursuivre les Alchimistes d’Etat pour satisfaire sa vengeance, ou des Homonculus, ces personnifications des sept péchés capitaux qui viendront compromettre la quête des frères Elric.
Fullmetal Alchemist, un thriller psychologique par excellence
Dans son œuvre, ARAKAWA Hiromu aborde de nombreux sujets que sont l'amour fraternel, la guerre (ses horreurs, ses répercutions...), la mort, la vie, la rédemption,... Autant de thèmes qui donnent de la profondeur au récit. Contrairement à d'autres mangas du genre, Fullmetal Alchemist se présente comme un véritable thriller psychologique qui nous pousse à réfléchir sur le fonctionnement même de notre monde et sur les dérives que peuvent engendré la guerre, la religion ou le pouvoir. En effet, la quête de pouvoir pousse souvent l'homme à agir égoïstement aux détriments de sa famille, ses amis ou, plus globalement, de la population. L'homme est un être de péchés, comme nous le rappellent si bien ARAKAWA Hiromu à travers la présence des Homonculus, incarnations mêmes des sept péchés capitaux que sont l'envie, la gourmandise, la paresse, l'orgueil, la luxure, la colère et l'avarice.
Un petit mot sur le dessin ?
Dès le premier tome, l'auteur fait preuve d'une très grande maîtrise graphique. Les dessins sont des plus magnifiques et nous plongent immédiatement dans l'univers de Fullmetal Alchemist. Certes, ils peuvent demeurer simples par moment, mais restent vraiment efficaces. Les traits sont précis, travaillés et plutôt réalistes. Ils dépeignent parfaitement les émotions des personnages et l'atmosphère si particulière du manga. Non vraiment, niveau graphique, je n'ai aucune critique à émettre.

Une série à succès
Fort de son succès, une première adaptation animée verra le jour en 2003. Cette première version, qui se compose d’un total de cinquante et un épisodes, est une adaptation originale de l’œuvre d’ARAKAWA Hiromu. Le fil conducteur reste le même, mais l’histoire diffère quelque peu de la version papier. En effet, celle-ci demeure beaucoup moins complexe et sombre que cette dernière, touchant un plus large public. En 2005, le premier film de la licence (Fullmetal Alchemist : Conqueror of Shamballa) sortira dans les salles japonaises. Un film qui conclura dignement la série, nous offrant un magnifique « Happy End ». Même si, au premier visionnage, je n’avais pas vraiment été convaincu par ce final. Six ans plus tard (autrement dit en 2009), c’est une nouvelle adaptation animée - intitulée Fullmetal Alchemist : Brotherhood - qui sera proposée aux fans. Contrairement à la version 2002, celle-ci s’est voulu beaucoup plus proche du manga. Au départ, je dois vous avouer que j’avais un peu de mal avec le nouveau character design mais, au final, je m’y suis faite assez vite. En tout cas, étant une grande fan de la série, j’étais vraiment heureuse de pouvoir suivre à nouveau les aventures d’Edward et Alphonse Elric autrement qu’à travers la lecture du manga. En effet, il est toujours plaisant de voir ces personnages s’animés et prendre vie devant nos yeux. Enfin, pour finir, un second film verra le jour en 2011, un film qui s'intitulera Fullmetal Alchemist : l’Etoile sacrée de Milos. Probablement mon film préféré. J'ai dû me le visionner une bonne dizaine de fois depuis sa sortie en DVD. C’est pour dire !
Bref, si vous ne connaissez pas encore cette série, ou n'avez pas encore eu l'occasion de vous plonger dans sa lecture, je vous conseille vivement de vous la procurer. Fullmetal Alchemist fait partie de ces mangas cultes que tout fan de mangas doit posséder dans sa bibliothèque. Cette œuvre psychologique ne cessera de vous étonner et de vous interpeller. Une fois que vous aurez commencé sa lecture, vous aurez bien du mal à vous arrêter. Fullmetal Alchemist vous offrira ici suspens, drame, humour, action... Des ingrédients indispensables à la construction d’une bonne série et qui manquent cruellement à certaines œuvres.


